Caterham Seven S3 - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Chez Tasty Cars, c’est un peu Noël à chacune de mes visites. La preuve en est avec cette Caterham Seven S3 ayant participé au Gumball 3000.

Oui oui, vous avez bien lu. Cette Caterham a bel et bien participé au Gumball 3000 lors de l’édition de 2006. Et ce n’est pas tout puisqu’il s’agissait d’un équipage 100% féminin. Je n’ose même pas imaginé les épreuves qu’elles ont du traverser à bord de cette anglaise. Elles ont mon respect à vie!

Pour la petite histoire, on doit ce modèle emblématique à l’ingénieur Colin Chapman. C’est en 1948 qu’il construit une voiture de course baptisée “Lotus”. Ce n’est qu’en 1957, que la Seven voit le jour comme une voiture sportive adaptée à un usage routier et dotée d’une carrosserie en aluminium. Le modèle que j’essaye aujourd’hui, grâce à Charles de Tasty Cars, est une “S3”. Il y aura entre 260 et 350 exemplaires construits.

Une Caterham Seven, c’est quoi ? Une sorte de barquette soit disant homologuée pour la route avec le moins de carrosserie possible. En vrai, qui n’a jamais rêvé d’avoir une Seven dans son garage ? Etant enfant, j’étais autant attiré par une Caterham que par une Ferrari ou encore une Lamborghini.

En même temps, il n’y a pas grand chose et c’est peut-être cela qui fait son charme. C’est dépouillé au maximum. Elle attire par ses phares globuleux situés de part et d’autre de ce long capot. Sous ces longs garde-boues se cachent de toutes petites roues. Plus qu’apparent, l’échappement s’étend sur le côté gauche de la voiture. Attention aux brûlures !

Comme je le disais en introduction, cette Caterham a participé au Gumball 3000. Cela explique donc cette décoration si particulière. Après, je dois avouer ne pas être fan de cette configuration couleur alu et rouge. De plus, j’apprécie davantage les gardes-boues des modèles plus récents pour leur discrétion. En revanche, j’adore voir l’impressionnant arceau de sécurité !

Que dire de l’habitacle ? On se croirait vraiment dans une voiture de course. Le minimum syndical est présent. L’instrumentation s’étend sur la planche de bord jusque devant le passager. C’est plutôt pratique quand on veut atteindre la commande tout à gauche. Oui car si vous ne l’avez pas remarqué, cette Seven provient d’Angleterre donc le poste de conduite est situé à droite.

D’ailleurs pour s’installer derrière le volant, il faut s’appuyer sur l’arceau, l’accoudoir central et se laisser glisser à l’intérieur. Oubliez les ceintures, ici on a droit aux harnais. Autant vous dire qu’une fois attaché, j’ai l’impression de me trouver dans un cercueil ambulant. En bref, tout est petit. Que ce soit le pommeau de levier de vitesse, le volant ou encore le pare-brise qui n’est pas suffisamment large. Pour la conduite, ça promet d’être sport !

Caterham Seven S3 - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Une fois le long capot retiré entièrement, on découvre un bloc essence Crossflow 1.6L développant 120 ch et 160 Nm de couple. Il est couplé à une boîte mécanique à 4 rapports.

Puissance

120

ch

Poids

550

kg

0 à 100 km/h

6,0

secondes

Cela lui permet ainsi de réaliser le 0 à 100 km/h en seulement 6 secondes grâce à un poids contenu de 550 kg. Sa vitesse maximale est annoncée pour 180 km/h. Vu les chiffres, je sais pas vous mais moi je suis curieux de savoir ce que ça donne sur route !

Caterham Seven S3 - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Ça dépote, ça décoiffe, ça arrache ! Voilà ce qui me vient à l’esprit lorsque Charles prend le volant pour me faire découvrir la bête. Rapidement, il me laisse le volant et c’est une première pour moi. En plus d’essayer ma première Caterham, c’est aussi l’occasion de me familiariser avec la conduite à droite sur le sol français.

Finalement, je m’y habitue assez rapidement même si je peine à trouver la deuxième vitesse. Je ne suis définitivement pas un gaucher. Après quelques tours de roues à découvrir comment se comporte la voiture, je commence à prendre mon pied. Assis au ras du sol avec le bras droit en dehors de l’habitacle, tu ressens tout de suite mieux les sensations !

Le moteur est vigoureux tout en sachant être doux. Vous pouvez ainsi aller chercher votre pain en toute tranquillité comme aller sur circuit à la première occasion. Mais clairement, il ne demande qu’à monter dans les tours. L’échappement chante directement dans mon oreille gauche et le chauffage ne semble pas nécessaire !

Caterham Seven S3 - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Le saute-vent ou pare-brise fait ce qu’il peut pour dévier l’air mais clairement, on se prend tout en pleine tronche. Je recommande vivement le port des lunettes, voire celui d’un casque à plus haute vitesse. Et malgré les longs garde-boues, je ne serais pas surpris de bouffer du gravier.

Dépourvu d’assistance, vous avez vite fait de vous retrouver en travers à la moindre accélération lorsque vous n’avez pas les roues droites. Je tiens quand même à préciser qu’après cet essai, Charles m’a avoué que les pneus étaient rincés. Je comprends tout de suite mieux la facilité du train arrière à vouloir passer devant.

Développer pour le réseau routier, la Caterham Seven n’est pas pour autant radicale. Elle est relativement souple et absorbe sans problème les imperfections de la route. La direction est ultra précise mais non assistée. J’ai vraiment l’impression de me trouver dans un karting bi-place. Sauf qu’ici, j’ai tout de même droit à deux rétroviseurs, l’un est central tandis que l’autre est situé côté conducteur. Malgré les harnais, vous retourner sera peut-être la meilleure des solutions parfois.

Caterham Seven S3 - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

La Caterham Seven représente depuis longtemps le plaisir automobile dans son plus simple appareil et ce n’est pas prêt de changer. Elle délivre des sensations extraordinaires dès les premiers tours de roues et pourtant, il s’agit d’une des versions les moins sportives de la gamme.

Non la Caterham Seven n’est pas la plus pratique des voitures qui existent mais quel plaisir à conduire. Les sensations sont plus qu’au rendez-vous. Il est vrai que beaucoup de voitures offrent du confort et un meilleur équipement pour le même prix mais combien d’entre elles offrent encore cette liberté et ce sourire jusqu’aux oreilles quand on s’assoit derrière son volant ? Trop peu ! Elle ne pourra pas être votre unique voiture au garage mais croyez-moi, il vous en faut une. Ça tombe, Charles n’en demande que 24 900€…

Un grand merci à Charles de Tasty Cars de m’avoir permis d’essayer ma première Caterham Seven, quelque chose me dit que ça ne sera pas la dernière !