BMW M5 (E61) Touring - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Dans la saga Motorsport, la BMW M5 (E60/61) n’a pas pris une ride et reste aujourd’hui très recherchée pour son inédit moteur V10 de 507 ch !

Grâce à Baptiste de l’Automobile Paris, je réalise enfin un rêve de gosse pour cette fin d’année 2020 si compliquée : essayer une BMW M5. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’une des deux seules M5 en version Touring produite par la marque à l’hélice. Allez, c’est parti pour un peu d’histoire !

BMW M5 (E61) Touring - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

La quatrième génération de la BMW M5 a été lancée en 2004 et le moins que l’on puisse dire est qu’elle a fait du bruit. La marque allemande avait placé la barre haute puisque sa nouvelle berline sportive n’embarquait plus de 6 cylindres en ligne ni de V8 comme la précédente génération (E39) mais bel et bien un moteur V10. Et comme pour poser ses c******* sur la table, ce V10 atmosphérique affiche une puissance dépassant les 500 ch. Après tout, il faut bien qu’elle conserve son titre de “berline la plus sportive au monde”, catégorie apparue lors de la sortie de la première M5. Mais aujourd’hui, nous allons nous intéresser au break de chasse le plus puissant de son époque à savoir la version Touring de cette BMW M5.

Pour le style indémodable de cette BMW M5 Touring, on ne peut que remercier le très controversé Chris Bangle. Il a su apporter à cette série 5 la touche de sportivité qu’il fallait sans pour autant perdre des exigences de luxe et de confort de ce segment.

Cette 5 by Motorsport se voit ainsi habillée de bouliers avant et arrière modifiés. Forcément, il fallait bien de grandes prises d’air à l’avant pour refroidir le V10 qui se cachait sous le capot. Mais il faut aussi évacuer cet air pour ne pas perturber l’aérodynamisme.

Le bouclier avant semble plus acéré et la signature lumineuse, “Angel Eyes”, renforce son agressivité. Les passages de roues sont plus marqués et entourent d’énormes jantes de 19 pouces à 10 branches. Le logo “M5” inséré dans les grilles sur les ailes est relativement discret mais on ne peut pas en dire de même pour cette quadruple sortie d’échappement. Ce break de chasse a définitivement de la gueule. On en viendrait presque à regretter qu’il n’y est pas eu de version F11 ou F91 sur les générations suivantes.

Je ne vais pas être très objectif mais qu’est-ce que j’aime ces générations pour leur habitacle. Sérieusement, on n’en fait plus des comme celui-ci. Il a ce qu’il faut pour la touche de sportivité sans pour autant bouder le confort.

Face à soi, on a un volant dépourvu de commandes superflues. En revanche, les palettes nous indiquent la présence de la boîte 7 robotisée SMG sur laquelle je reviendrais plus tard. Le reste est très épuré et devait sans doute être high-tech pour l’époque. Je pense ici à l’affichage tête haute qui projette diverses informations sur le pare-brise. Ce qui saute vraiment aux yeux sont les deux compteurs de vitesse et de compte-tour. Ça fait toujours son petit effet d’y voir indiqué 330 km/h. Mais ça me rappelle aussi mon record personnel en Audi R8 V10 Performance sur Autobahn…

Pour le confort, on peut compter sur ces sièges en cuir qui vous maintiennent parfaitement. Dans cette configuration, les passagers à l’arrière ont même le droit de regarder un film via les écrans intégrés dans l’appui-tête. On en oublierait presque qu’il s’agit d’un break. Mais rassurez-vous, vous pourrez emmener femme, enfants et même animal de compagnie avec bagages tellement le coffre est immense (de 500 à 1650 litres).

BMW M5 (E61) Touring - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Pour finir la présentation de cette BMW M5 E61, je ne pouvais que finir par la pièce maîtresse: le moteur. Sous ce long capot se cache le célèbre V10 atmosphérique. Pour aller droit au but, il s’agit du moteur que la marque a concocté pour équiper les Williams en Formule 1, rien que ça !

Puissance

507

ch

Couple

520

Nm

0 à 100 km/h

4,7

secondes

Accrochez-vous bien car les chiffres donnent le tournis. Malgré un poids mesuré de 1955 kg, la M5 réalise le 0 à 100 km/h sous la barre des 5 secondes avec un chrono de 4,8 secondes. Même si elle était limitée électroniquement à 250 km/h, il semblerait que la barre des 300 km/h ne soit qu’une formalité pour cette puissante familiale. Je vous laisse imaginer sur autoroute allemande le délire que ça devait être que de rouler pépère à bloc sur la voie de gauche avec toute ta famille… Bref, passons aux choses sérieuses !

BMW M5 (E61) Touring - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Si vous êtes comme moi à avoir bavé devant des dizaines voire des centaines de vidéos de cette M5, continuez la lecture car vous allez être surpris. Les vidéos de cette voiture sur YT ne manquent clairement pas que ce soit pour la sonorité de son V10, les pointes de vitesses sur Autobahn ou encore les drifts démoniaques. Malheureusement, je suis en partie tombé de mon petit nuage.

Cela a commencé par le démarrage où je m’attendais à entendre davantage ce fameux V10. Rassurez-vous, il est bien là. Mais pour l’entendre rugir sans avoir installer une ligne complète et bien il faut monter dans les tours. Et autant vous dire que la montée semble interminable et pourtant, lorsqu’on regarde le compteur de gauche, la vitesse en devient vite vertigineuse. C’est qu’on perdrait son permis sans s’en rendre compte avec cette M5. Trêve de plaisanterie, ce V10 dans les tours est tout simplement jouissif ! Rien que dans reparler, ça me donne la chair de poule…

En réalité, ma plus grosse déception a été cette boîte robotisée SMG à 7 rapports. Au vu des chiffres sur le papier, ça semble être démoniaque et débordant d’efficacité. Sur la route, c’est tout autre chose. La boîte se révèle médiocre. Je suis certes un peu dur mais il faut conduire comme un papy pour l’apprécier. Sans forcément mettre pied dedans, elle est aussi lente que Flash dans Zootopie. Les à-coups donnés par la boîte SMG en mode automatique sont tout simplement insupportables. Heureusement, on dispose des palettes au volant pour gommer ce gros défaut et même régler la rapidité des passages et se prendre pour un pilote de F1.

BMW M5 (E61) Touring - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Dans les enchaînements de virages, le poids se fait sentir sans pour autant rendre inconfortable la conduite. Il faut dire que la Touring motrice sans sourciller même s’il s’agit d’une pure propulsion. Je ne m’attendais pas à dire cela un jour mais l’insonorisation deviendrait presque un problème si vous tenez à votre permis. Le confort est tel que même sur une route bosselée, vous n’aurez aucune notion de la vitesse.

Le freinage, quant à lui, est critiquable quand on sait la masse qu’il y a à stopper. Cela aurait bien mérité les freins carbone/céramique des générations suivantes. N’oublions pas que cette M5 E61 se veut polyvalente avec ses 5 places et son immense coffre. Je tire mon chapeau à ceux qui ont eu le courage de l’emmener sur piste et aurait prié pour qu’il la sorte avec une boîte mécanique à l’époque. J’allais oublier, pensez à acheter des actions chez Total car la consommation est elle aussi vertigineuse avec des moyennes dépassant les 20 litres…

A la fin de cet essai, j’ai du mal à réaliser la chance que j’ai eu d’essayer ce modèle emblématique de l’histoire de BMW. Ce moteur, cette sonorité dans les tours et cette ligne indémodable confortent sa place dans mon garage de rêve. Facturée près de 100k€ au début des années 2000, elle est aujourd’hui devenue abordable. Mais sa rareté en fait inévitablement un collector certain qui s’arrache comme des petits pains. Celle-ci a d’ailleurs été vendue en moins de 48 heures par Baptiste.

Un grand merci à l’Automobile Paris et plus particulièrement à Baptiste mais aussi à son équipe pour son accueil, sa gentillesse et cet essai !