BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
BMW M3 F80 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

La BMW M3 a vu le jour en 1986 avec la commercialisation de la M3 E30. Cela fait maintenant 30 ans que la branche M, pour « Motorsport », de la marque bavaroise ne produit plus uniquement ces sportives pour la compétition mais aussi pour le plaisir de ses clients.

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Il y a quelques années, j’avais eu la chance de prendre le volant de la M3 E46 lors d’une séance photo, le temps pour moi de tomber sous le charme de son 6 cylindres en ligne et ses 343 ch. Elle reste pour moi l’un de mes objectifs lorsque je pourrai me permettre d’avoir un véhicule plaisir. Entre temps, la M3 E92 a vu le jour, embarquant cette fois-ci un V8 4.0L de 420 ch. Aujourd’hui, c’est grâce à un propriétaire extrêmement généreux que je peux prendre le volant de la dernière génération de la M3, la F80.

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Cette nouvelle génération se décline en deux versions et on va mettre les choses au point tout de suite. La version coupé est dorénavant appelée M4 tandis que ma version à l’essai, la berline, garde l’appellation M3. Je trouve d’ailleurs cette dernière bien plus agressive que le coupé. Ses lignes sont plus radicales et cela est accentué avec ses ailes arrières plus bodybuildées. La M4 paraîtrait presque trop sage à côté.

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Comparé à une Série 3 classique, le kit carrosserie est monstrueux et très réussi. Le bouclier avant en impose avec ses énormes prises d’air et est estampillé d’éléments de carbone. Mieux vaut être vigilant car le jour où on tape la lame avant dans un trottoir ou qu’on se prend un animal, cela peut rapidement coûter un bras. Le capot moteur est également bodybuildé avec un bossage sur la partie centrale. Cette M3 garde cependant une certaine élégance avec ses rétroviseurs spécifiques. Avec leur design atypique, ils ont la particularité d’être rabattables.

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Les jantes en alu de 19″ laissent paraître d’énormes freins carbone-céramique, sublimés par des étriers à 6 pistons de couleur jaune et qui permettent de stopper net la bête lorsqu’ils sont à température. Malheureusement, ils manquent cruellement de mordant à faible allure mais il ne faut pas oublier qu’ils sont plus adaptés pour un usage sur circuit. L’option coûte tout de même 7400€.

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BMW n’a pas lésiné sur l’utilisation du carbone puisque tout le toit en est recouvert. Dommage que le coloris Mineral Grey Metallic ne le mette pas plus en valeur.

A l’arrière, outre ses ailes élargies, le côté bestial de cette M3 se caractérise par ses 4 sorties d’échappements et son diffuseur travaillé.

Le béquet en carbone renforce encore plus le côté sportif et exclusif de cette BMW M. Si on prend certaines photos détails de la face avant ou arrière, il est difficile de reconnaître une M3 d’une M4.

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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A bord, c’est élégant et épuré. On retrouve l’intérieur d’une Série 3 classique avec des ajouts de carbone un peu partout, que ce soit sur le volant, sur la planche de bord ou encore sur la console centrale.

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L’assise est exceptionnelle avec ses sièges baquets qui intègrent le logo M rétroéclairé. Couvert de cuir noir, ils offrent cependant un maintien idéal. On se croirait au volant d’un karting grâce à une position de conduite qui peut être réglée très bas. L’espace à bord est très correct à l’avant mais sera plus compliqué à l’arrière avec une minuscule cinquième place encombrée par le tunnel central. A savoir que la banquette arrière a été allégée pour gagner 6 kg sur la balance.

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Petit aparté pour ce magnifique volant badgé « M Perfomance », habillé d’alcantara et de carbone. Sa prise en main est parfaite avec des palettes idéalement placées et le minimum de commandes. Avec seulement 36 000 kms au compteur, je reprocherai cependant que l’alcantara a tendance à vieillir rapidement. Mais se retrouver derrière ce volant reste toujours un plaisir et me procure une certaine sensation de satisfaction du chemin parcouru.

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BMW est resté nostalgique avec ses compteurs puisqu’on retrouve toujours la zone orange puis rouge lorsqu’on vient titiller les 7000 tr/min. Cependant, pour ne pas provoquer de crise cardiaque, j’ai remarqué qu’ils avaient retiré la jauge de consommation instantanée.

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Pour ne pas oublier qu’on est bien à bord d’une BMW M, le logo est placé sous le compteur qui affiche une vitesse max de 330 km/h quand même !

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La console centrale est, elle aussi, épurée avec le petit levier de la boite de vitesse automatique. Les trois commandes, encadrées en gris, servent à configurer aux petits oignons le véhicule (mais j’y reviendrai un peu plus tard). Tandis que la molette entourée de boutons sert à naviguer dans les différents menus de l’écran.

Ce dernier, situé à hauteur des yeux, est très bien intégré à la planche de bord. Il n’a rien de choquant comparé à d’autres marques, et son utilisation est intuitive. L’écran d’accueil permet ainsi de consulter la météo du lieu où nous sommes tout en naviguant dans les différents menus.

En utilisation piste ou même sur route, vous pourrez vous amuser avec le deuxième affichage qui indique l’utilisation de la puissance ainsi que du couple. C’est intéressant mais ça reste un gadget à mes yeux.

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Si la sonorité du 6 en ligne ne vous plaît pas, le système Harman-kardon se chargera de vous satisfaire musicalement parlant.

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Le coffre est généreux avec 480 litres et un seuil de chargement acceptable.

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Puissance

431

ch

0 à 100 km/h

4.1

secondes

Vmax

250

km/h

Assez parlé de l’habitacle et parlons un peu de ce qu’il y a sous le capot à commencer par cette magnifique barre anti-rapprochement en carbone. BMW a donc abandonné le moteur V8 de la E92 au profit du 6 cylindres en ligne. Un véritable retour aux sources ! Sauf qu’ils y ont greffé une paire de turbos. Le tout développe dorénavant 431 ch. Le couple de 550 Nm est disponible dès 1850 tr/min et ce jusqu’à 5500 tr/min. Côté transmission, rassurez-vous, la M3 reste une pure propulsion avec un arbre de transmission en carbone. Ma M3 d’essai dispose de la boîte à double embrayage robotisée DKG à 7 rapports. L’option avoisine les 4000€. A défaut d’avoir un circuit à disposition, je vais aller découvrir sa furie sur route !

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Les premières impressions au volant sont bonnes. Je me rends compte rapidement que cette M3 est aussi dure qu’un bout de bois. Heureusement pour moi, elle est équipée du système de suspensions pilotées qui peut être réglé en mode « confort ». Cela permet d’adoucir un peu la suspension mais la moindre irrégularité sur la route se fait ressentir. Le moteur est très réactif et grâce au 550 Nm de couple présent dès les plus bas régimes, on se croirait presque au volant d’une voiture diesel. Elle n’a peut-être gagné que 11 petits chevaux comparé à sa devancière mais elle gagne 37% de couple soit 150 Nm de plus. Cela surprend d’autant que ça pousse jusqu’à la zone rouge ! La sonorité de l’échappement est relativement discrète et c’est tant mieux. J’apprécie davantage entendre le 6 en ligne et les deux turbos souffler, qu’avoir l’impression de traîner des casseroles à l’arrière de la voiture. La mélodie du bloc est tellement agréable à entendre que rouler à faible allure est un véritable régal. Evidemment, il vaut mieux rouler fenêtres ouvertes car les ingénieurs ont trafiqué la bande son qui sort tout droit des haut-parleurs. En mode « Efficient », la boîte est d’une douceur remarquable et rouler dans Paris deviendrait presque un plaisir. Elle s’avère cependant quelque peu accrocheuse dans certaines situations mais se fait très vite oublier par la suite. Avec un réservoir de 60 litres, la consommation moyenne est annoncée pour 8,5 L/100 km mais il vaut mieux prévoir 1 à 2 litres de plus pour être proche de la réalité. Pourtant, cette M3 a subi une cure d’amaigrissement avec près de 80 kg en moins sur la balance. L’usage massif du carbone, que ce soit pour le toit, l’arbre de transmission et les différents éléments de la carrosserie, est associé à l’usage de l’aluminium pour le capot moteur et les ailes avant. Résultat : 1560 kg sur la balance !

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Là vous êtes en train de vous dire que vous regrettez d’avoir cliqué sur cet article et que vous avez l’impression de lire un banal article sur une Série 3 classique, et bien non. Paris est loin derrière moi ainsi que tous les modes de conduites pour grand-père. L’essai d’une M3 est bien plus sportif et pour cela, il suffit d’appuyer sur le bouton magique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le 0 à 100 km/h est abattu en 4,1 secondes et le 0 à 200 km/h en 13,4 secondes. La vitesse maximale n’a rien d’exceptionnelle puisqu’elle est « bridée » à 250 km/h sans pack compétition et jusqu’à 280 km/h avec. Mais on va rester sage aujourd’hui. De toute manière, avoir ce jouet sur route ouverte ne sert plus à grand-chose au vu de ses performances. Un effleurement sur la pédale d’accélération est le 80 km/h est pulvérisé. Respecter les limitations de vitesse devient un supplice. Alors autant aller s’amuser un peu sur des routes de campagne plus calmes et parsemées de virolos à tout va : j’ai nommé le Perche.

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Mode « Sport + »  engagé, la suspension devient plus ferme, la direction également et la réponse à la pédale d’accélération est plus directe. A la moindre sollicitation de celle-ci, les accélérations vous scotchent aux sièges. Elles sont franches et s’avèrent brutales lorsqu’on met pied dedans. La direction est ultra précise et on place facilement la voiture sur la trajectoire idéale. La voiture reste plaquée au sol et on a l’impression de ne faire qu’un avec elle. Elle a une telle facilité à rentrer dans les virages et à en ressortir aussi proprement que ça en devient déconcertant. La vitesse de passage étonne et rassure à la fois. Les aides à la conduite ainsi que l’autobloquant font leur travail et procurent une réelle sécurité en contrôlant le train arrière. Ce ne sera clairement pas sur route ouverte que je déconnecterai les aides mais je serai curieux d’avoir l’opportunité de l’essayer un jour sur circuit, totalement débridée. Grâce aux palettes au volant, vous vous prendrez rapidement au jeu du pilote de course. Les vitesses se passent à la volée. Elle est efficace et amusante à utiliser sur routes sinueuses. En revanche, le passage à la pompe se fait rapidement ressentir car on atteint rapidement des consommations dépassants les 15 L/100 km. Mais quel serait le plaisir d’avoir un tel jouet si ce n’est pour ne pas rouler ?

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Ce n’est pas le tout de savoir catapulter ses occupants, il faut aussi savoir les arrêter en toute sécurité. Et pour se faire, la M3 répond avec l’option carbone-céramique. Les étriers ont dû mordants et permettent des freinages à en décrocher le dentier. Cependant, ils restent longs à monter en température et s’avèrent moins efficaces pour la vie de tous les jours. Sans oublier qu’au moment où il faut passer au garage pour les remplacer, ils vous couteront un bras ! Pour le reste, je la trouve très bien équipée avec des projecteurs bi-xénon et directionnels, l’affichage tête-haute utile pour garder un œil sur la route tout en contrôlant sa vitesse, les services ConnectedDrive ainsi que le régulateur/limiteur de vitesse et encore plein d’autres équipements.

BMW M3 F80 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Au final, que retenir de cet essai ? La M3 F80 n’est pas si radicale qu’elle n’y paraît. Difficile de lui trouver des défauts car elle conserve toutes les qualités d’une berline avec sa polyvalence tout en alliant sportivité et efficacité. Elle se distinguera des autres avec un kit carrosserie mêlant élégance et sportivité. L’intérieur est très bien pensé et se démarque avec ses ajouts de carbone. On ne se retrouve pas installé dans des baquets inconfortables au point de serrer les fesses à chaque dos d’âne. Grâce à son 6 en ligne polyvalent, vous pourrez allier vos trajets quotidiens à vos sorties circuits le week-end sans problème. Les puristes opteront sans doute pour une boîte mécanique mais ils devront s’acquitter d’une facture dépassant rapidement les 100 k€. Cela peut paraître totalement fou de débourser une telle somme mais cela reste cohérent face à la concurrence. Mon seul regret lors de l’essai de cette M3 est d’avoir dû la rendre à son propriétaire !