Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Durant tout le week-end, plus de 500 voitures de courses de tout âge rouleront sur le grand circuit des 24h du Mans comme si une deuxième jeunesse s’offrait à elle. C’est à ce moment-là que le week-end devient un vrai marathon. M’étant mis la pression pour vous capturer un maximum de clichés et répondre aux attentes de BR, ma journée du Samedi a donc débuté vers 7h pour se terminer le lendemain vers 8h, heure à laquelle j’ai quitté le circuit et cette fabuleuse ambiance après une nuit blanche passée à photographier chaque plateau.

Il n’y a qu’après la chaleur du vendredi après-midi où j’ai décidé de me poser un peu dans les tribunes au-dessus des stands afin de capturer quelques instants des derniers essais qualificatifs du Group C Racing. C’est un endroit que j’affectionne car il permet d’écouter les pilotes relancer leur monture à pleine puissance dans la ligne droite des stands. Certains moments sont magiques comme la photo de cette Porsche 962 sans aucun post-traitement de ma part, uniquement les couleurs du coucher de soleil se reflétant sur ma lentille d’objectif !

Je suis impressionné par la puissance de la n°3, la Jaguar XJR-9 de 1987, qui terminera 2ème de ce plateau le lendemain. Ce sera finalement cette Gebhardt C91 de 1991 qui terminera en première position avec un meilleur temps au tour de 3 min 57 s. Je retrouve avec joie une Porsche 962 C de 1991 que j’avais en miniature Majorette lorsque j’étais petit. A l’époque, je la préférais car je la trouvais plus performante sur mon circuit imaginaire, sans doute dû à son imposant aileron intégré directement à la carrosserie (différence avec une 962).

Le Mans Classic 2018 #1 - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #1 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Mais la voiture de course française par excellence de ce plateau reste et restera cette impressionnante Peugeot 905 EV1 Bis de 1993. « Je suis français donc je suis chauvin ». Non pas du tout. J’aime surtout les automobiles qui ont marqué l’histoire et encore plus lorsqu’elles sont françaises. Comme je le disais dans l’introduction, il y a 25 ans, Peugeot remportait les 24h du Mans en réalisant un triplé historique. Je venais à peine de naître donc je n’ai pas eu la chance de vivre ce moment mais 25 ans plus tard, je célèbre cet anniversaire avec ce dernier cliché du Group C ! Le restant de la journée verra les différents plateaux rouler de nuit jusqu’à 3h du matin, le temps pour moi d’aller me reposer un peu avant d’attaquer les choses sérieuses le lendemain.

Et la journée du Samedi débute dès 8h avec différentes parades des clubs donc celle de Porsche. Il faut savoir qu’à l’occasion de cette 9ème édition du Mans Classic, la Fédération des Clubs Porsche de France a accueilli près de 1000 Porsche durant les 3 jours. 700 Porsche Classic se trouvaient donc dans l’enceinte du circuit tandis que les plus récentes étaient garées sur un parking à l’extérieur en face du Porsche Expérience Center. Durant la parade, j’ai ainsi pu voir rouler parmi les 200 Porsche la toute première appelée n°1 type 356 née il y a donc 70 ans ! Ou encore une 906 de 1966 accompagnée d’une 908/3 de 1970 aux couleurs Gulf .

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

J’aurai loupé de peu de voir rouler la 911 GT qui a remporté les 24h du Mans en 1998 mais j’aurai réussi à apercevoir les 4 plus belles Porsche de ma génération à commencer par la Carrera GT, la 911 R, la 991 GT3 RS phase 2 et la 911 GT2 RS !

Après on retrouvait un peu de tout entre les 2,7 RS, 964, 944 et 996. Beaucoup de britanniques avaient fait le déplacement et je dois dire qu’ils ont du goût en terme de configuration comme l’atteste ces 4 clichés de GT3. Je dois dire qu’une configuration Bleu Miami avec étriers et ceintures jaunes m’irait bien. Et vous ?

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Après cette session de roulage, je décide de retourner flâner un peu dans les allées des paddocks et clubs. Je fais un arrêt chez Maserati pour admirer ces deux beautés italiennes : les Maserati 300S de 1957 et MC12 GT1 de 2005.

Du côté de chez Renault et Alpine, on est servis ! J’ai bien fait d’attendre le Samedi pour y retourner car c’est un véritable festival. On a affaire à une belle brochette d’anciennes et de nouvelles Alpine A110 d’entrée de jeu.

Un peu plus loin, on trouve 6 Renault Spider, voiture atypique que j’affectionnais étant petit et qui se fait de plus en plus rare de nos jours.

Juste en face, je tombe sur deux bijoux en état collection de notre patrimoine français : la Renault 5 Turbo 1. Malgré les années, je trouve qu’elle n’a rien perdu de sa jeunesse et en vue ¾ arrière, elle en impose toujours autant.

Mon coup de cœur de ces allées d’exposition est cette Clio V6 Trophy phase 1 accompagnée d’une Clio V6 phase 2. Le Mans Classic, c’est un peu comme la caverne d’Ali Baba. Vous pouvez y trouver tous les trésors automobiles que vous cherchez dans le coloris que vous voulez. C’est Noël avant l’heure en quelque sorte !

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Mais ma venue du côté de la marque au losange n’est pas anodine. Alpine avait invité un petit comité de personnes à venir écouter, autour d’une coupe de champagne, les récits de l’ex-pilote Jean-Pierre Jaussaud. Ce grand monsieur a, pour ceux qui ne le savent pas, remporté les 24h du Mans à deux reprises. C’est d’ailleurs à bord de l’Alpine A442 qu’il a remporté les 24h du Mans 1978 avec comme coéquipier Didier Pironi et en devançant un certain Jacky Ickx.

On retrouve d’ailleurs à ses côtés un autre grand pilote, Jean-Pierre Jabouille. C’est probablement ce dernier qui aurait dû remporter cette édition 1978 s’il n’avait pas été obligé d’abandonner suite à un moteur bloqué. On ressent encore un peu de tristesse lorsque M. Jabouille en parle lors de la conférence malgré la victoire méritée d’Alpine devant le constructeur germanique.

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Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Et puis, comme à son habitude, on retrouve notre Jeannot national toujours présent lors de ce type d’événement, toujours prêt à dégainer son marqueur pour signer des autographes et toujours cette joie de vivre et de partage qui l’anime. On l’aime notre Ragnotti !

J’ai à peine terminé ma coupe de champagne que me voici embarqué vers la pré-grille pour vivre de l’intérieur la parade Alpine. Nous allons pouvoir rouler pour un tour sur le grand circuit des 24h du Mans : un rêve de gosse prêt à se réaliser ! La pré-grille est littéralement inondée d’Alpine.

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

On a, à l’avant-poste, Jaussaud qui attend patiemment de revivre un moment inoubliable : rouler sur le circuit des 24h du Mans avec l’Alpine A442. Tout en rigolant et en s’amusant avec les photographes, il se prépare à prendre la piste pour ouvrir le bal.

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Derrière lui, les gens sont tout sourires, que ce soit sur ou aux abords de la pré-grille, de voir autant d’Alpine prêtes à parader. Les premières lignes sont constituées des nouvelles A110 puis derrière on retrouve le restant de la production de l’époque avec les anciennes A110, A106, A108, GT4, A310 et A610. Toutes ne rouleront pas lors de cette parade mais c’est tout de même 250 Alpine qui ont fait le déplacement pour ce grand événement automobile et pour fêter le 40ème anniversaire de leur victoire.

L’heure du départ est imminente, j’embarque donc avec François Sautet, responsable après-vente de la marque, pour un tour de ce célèbre circuit. Limité à 130 km/h pour cette parade, je prends le temps de faire quelques photos de cette expérience à commencer par celle-ci dans la ligne droite des stands. Il paraît que lors de notre passage, la Marseillaise a retenti dans les tribunes! Puis on arrive au Dunlop avant d’enchaîner avec le virage du Tertre Rouge.

Puis s’offre à nous la ligne droite des Hunaudières et ses deux chicanes. Ce sera d’ailleurs l’occasion de voir apparaître et nous faire doubler par une A110 GT4, voiture engagée en GT4 European Series. Un coup d’œil dans le rétroviseur au cas où une deuxième apparaîtrait, mais la horde de nouvelle A110 impressionne.

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Entre conducteurs on se cherche un peu, on accélère fort après chaque virage. Je prends le temps d’admirer cette nouvelle teinte, blanc irisé, qui lui va si bien. 

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Et nous revoilà déjà au raccordement de la chicane Ford avec vue sur 3 Alpine et cette ligne droite des stands. On voudrait que cela ne s’arrête jamais. Qu’est-ce que c’était bon ! Ce n’était pourtant pas grand-chose au vue de la limitation de vitesse mais il me tardait d’effectuer un tour de ce circuit même en tant que passager. Alors un grand merci à l’équipe d’Alpine, à Estelle pour l’invitation et à François de m’avoir emmené réaliser un de mes rêves de gosse !

Le Mans Classic n’est jamais terminé puisqu’en remontant me rafraîchir au Média Center, j’aperçois le départ du Little Big Le Mans. C’est presque une centaine de répliques miniatures de voitures des 24h du Mans qui va s’élancer avec à leur volant des pilotes en herbe de 7 à 12 ans. Tout ce petit monde est encadré par des gendarmes en tenues et montures d’époque. Ces derniers assurent durant le week-end une partie de la circulation dans l’enceinte du circuit, un sacré spectacle ! Je décide pour le reste de la journée de me reposer un peu et discuter avec des amis présents sur l’événement avant de reprendre pour une nuit marathon. Cela me permet ainsi d’admirer en tant que spectateur lambda la première course des 6 plateaux. Lieu et courses magiques, alors départ magique. Un départ en épi dit « Le Mans » est donc donné pour les plateaux de 1 à 4 comme il était donné de 1925 à 1969. Les pilotes s’élancent ainsi des tribunes vers les stands avant de sauter dans leur voiture et démarrer en trombe. Les autres plateaux, plus rapides, s’élanceront selon la procédure du départ lancé. Il en va de même pour les courses de nuit.

Je me retrouve donc vers 0h30 à photographier du haut des tribunes le départ lancé de la deuxième course du plateau 1. On trouve aux commandes de cette course deux Talbot 105 G052 de 1931 et JJ93 de 1932 qui resteront en tête du début à la fin de la course. J’apprécie capturer ce moment où le pilote de la Bugatti Type 35B de 1928 s’apprête à changer de rapport. Il montera d’ailleurs sur la troisième marche du podium au classement général.

A 2h du matin, c’est le plateau 2 qui prend le relais. A bord de leur Jaguar Type D de 1955, les pilotes du numéro 21 s’imposeront de peu. C’est d’ailleurs le même modèle qui s’illustrera en deuxième place avec un écart de seulement 3 secondes. En troisième place, on trouve cette superbe Maserati 250S de 1957, croisée un peu plus tôt aux abords de la pré-grille.

Le départ du plateau 3 sera donné vers 3h15 et verra la Lotus XV de 1958 s’imposer. Ce type de barquette est drôle à voir rouler car elle ne paye pas de mine et pourtant elle en impose sur la piste avec des pilotes qui ne lâchent rien. Je pensais qu’elle réussirait à monter sur la plus haute marche du podium après une première course exceptionnelle mais cette Ferrari 250 GT Breadvan de 1961 terminera à la seconde place à 24 secondes du premier au terme des 3 courses. A la troisième place, on trouve cette splendide Lister Jaguar Costin de 1959 avec son long capot et sa partie arrière bombée.

Pour assister à la course du plateau 4, je décide de bouger un peu autour du circuit et me pose au niveau du Dunlop. Après le gros freinage de la ligne droite des stands, cela me permet de capturer les Ford GT40 et Shelby Cobra qui se battent pour les 7 premières places du classement et en font rougir leurs disques. La nuit se révèle magique à cet instant ! Deux Ford GT40 MK1 de 1965 (n°61 et n°17) s’emparent des deux premières places du classement général. La Ford GT40 numéro 64 complète le podium, suivie de très près par deux Shelby Cobra 289 de 1963.

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Ce plateau permet également de voir rouler une Berlinette, une Alpine A110 1300S de 1968 qui terminera à la 41ème place sur 81 concurrents, honorable pour cette mamie. Après une fin de course sous safety-car, je continue mon chemin autour du circuit vers le Tertre Rouge. Le ciel s’éclaircit et le soleil commence à pointer le bout de son nez. Il y a ceux qui vont se coucher pour assister à la dernière course de chaque plateau un peu plus tard dans la journée et il y a ceux qui se lèvent pour assister à la magie du lever du soleil sur le circuit. Pour ma part, je fais partie de ceux qui ont préféré ne pas dormir de la nuit pour quitter Le Mans en fin de matinée et éviter les bouchons interminables de ce flux de passionnés automobiles. Et les courses du plateau 5 et 6 au petit matin s’annoncent grandioses !  

Le départ du plateau 5 s’effectuera un peu plus tard que prévu suite au safety-car. Le haut du classement est plutôt serré pour ce plateau mais ce sera finalement cette Duckhams Ford de 1972 qui s’imposera, alimentée par un V8 Ford Cosworth. Il paraît que ce prototype, à l’époque, n’aurait coûté que 7000 Livres et aurait été construit en seulement huit semaines. Chapeau Messieurs !

Derrière, on trouve de la deuxième à la quatrième place, trois Lola T70 MKIII de 1968 et 1959 portant les numéros 3, 22 et 70.

Ce plateau me permettra de voir rouler deux sublimes Ferrari : la 365 GTB/4 Gr IV de 1972 et la 512 S de 1970.

Je verrai également deux Alpine : la n°45, l’A210 de 1967 et la n°37, l’A220 de 1968.

Chez Porsche, il y aura en piste une 910 de 1967 et une 917 de 1969.

La victoire du plateau 6 sera attribuée à cette TOJ SC  304 de 1976, couleur or et alimentée par un V8 Cosworth. Derrière, la Chevron B31 BDG de 1975 s’emparera de la deuxième place pour 5 petites secondes. Car derrière la bataille est rude et la Porsche 935 K3 de 1980 vient compléter le podium.

Ce plateau reste pour moi l’un des plus beaux en termes de voitures et de batailles. A l’image de cette photo où on voit une Porsche 935 batailler contre des Ferrari 512 BB LM de 1979 ou encore une Porsche 911 Carrera RSR 3.0L de 1975. Ou encore cette BMW M1 Procar qui dispute sa place contre la Ford Capri 2600 RS et la Lancia Beta Gr V.

Les Porsche 935 crachent des flammes à chaque changement de vitesse, tout comme les M1 Procar !

Le Mans Classic 2018 #2  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #2 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Le spectacle est vraiment au rendez-vous et n’aurez pas lieu sans ces pilotes prêts à prendre des risques au volant de leur voiture coûtant des fortunes pour certains.

Le Mans Classic se vit du début à la fin. On repart à chaque fois un peu frustré de ne pas avoir eu le temps de tout visiter et de voir chaque véhicule, mais il faudrait au moins une semaine pour en faire le tour. L’enceinte du circuit donne l’impression d’entrer dans une petite ville où l’automobile est reine et où toutes les nationalités se côtoient. On repart quasiment sourd mais on en a pris plein les yeux durant tout le week-end.

J’ai essayé, à travers cet article, de vous raconter mon week-end dans les moindres détails. Rien ne pourra remplacer le fait d’y participer mais j’espère au moins avoir réussi à vous donner envie d’y venir. En tout cas, nous aurons été près de 135 000 personnes à nous déplacer pour cet événement devenu incontournable dans le monde et cette augmentation de 10% n’est qu’un début. Alors rendez-vous en 2020 pour la 10ème édition !

Encore un grand merci à Paul-Clément de Boitier Rouge de m’avoir permis d’être accrédité pour cet évènement. Merci également à Estelle et toute l’équipe Alpine de m’avoir convié à ce moment convivial avec ces anciens pilotes et d’avoir réalisé l’un de mes rêves de gosse, rouler sur le mythique circuit des 24h du Mans!