Le Mans Classic 2018 #1  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
Le Mans Classic 2018 #1 – 4roueset1volant – © Arnaud DEMASIER

Le Mans Classic est le rendez-vous incontournable pour n’importe quel passionné de sport automobile. Cet événement a lieu tous les deux ans, quelques semaines après les 24h du Mans. Le mythique circuit n’a pas eu le temps de refroidir que celles et ceux qui firent son histoire sont de retour pour une 9ème édition encore plus riche que la précédente. Les 24h du Mans écrivent l’Histoire, Le Mans Classic la raconte.

Peter Auto et l’Automobile Club de l’Ouest co-organisent Le Mans Classic depuis déjà 2002. Chaque année, cette Mecque automobile est un véritable succès et se veut, à mes yeux, plus grandiose que le Goodwood Festival Of Speed. Les passionnés viennent des quatre coins du Monde pour y assister et un nouveau record d’affluence a été atteint cette année avec 135 000 spectateurs, soit 10% de plus par rapport à l’édition de 2016.

Cette année, plus de 700 véhicules de compétition produits entre 1923 et 2016 ont pris part au Mans Classic avec à leur bord par moins de 1000 gentlemen drivers et pilotes professionnels issus de 30 pays différents. Parmi eux, dix anciens vainqueurs des 24h du Mans dont Henri Pescarolo, Stéphane Ortelli, Romain Dumas ou encore Loïc Duval ont pu revivre le temps d’un week-end cette expérience de course unique sur les 13,626 kms du circuit sarthois.

Avec 70 ans d’existence, les 24h du Mans ont de quoi célébrer, à commencer par le 40ème anniversaire de la victoire d’Alpine ou encore le 25ème anniversaire du triplé historique des Peugeot 905. Mais c’est sans oublier Porsche ! La marque fête cette année ses 70 ans avec la naissance de la première Porsche, la célèbre 356. Tous ces véhicules courront durant 3 jours à travers les différents plateaux et courses. Alors en piste !

Cette année, je suis fier de représenter Boitier Rouge pour cet événement qui s’annonce magique. Et à cette occasion, je suis à la fois accrédité pour représenter le blog et aussi invité par Alpine pour venir célébrer ce 40ème anniversaire. Royal !

Depuis Paris, je prends la direction du Mans en empruntant les petites routes de campagne au volant de la nouvelle Mégane IV RS. C’est vrai, je déroge à la règle de venir en ancienne mais les parcs presse ne font pas encore dans l’ancienne. L’ambiance « Le Mans Classic » commence sur la route où l’on peut déjà croiser pas mal de bijoux comme des Morgan Roadster, Jaguar Type E et d’innombrables Porche. Aux abords du circuit, c’est un festival d’anciennes et j’en prends déjà plein les yeux. Je profite du « calme » de l’après-midi pour faire le tour du circuit Bugatti où sont alignées la plupart des voitures que ce soit des Clubs ou de simples passionnés venus exposer leur véhicule.

La température dépasse aisément les 30 degrés sur la piste mais quand on aime, on ne compte pas. Et malgré un dress-code « imposé », pas certain que beaucoup de personne le respecte vu la chaleur.

Le Mans Classic 2018 #1  - 4roueset1volant - © Arnaud DEMASIER
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Mais peu importe, ce musée à ciel ouvert débute au niveau du Virage du Musée où ce n’est pas une, ni deux mais trois Ultima GTR qui m’accueillent.

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Un peu plus bas, je tombe une sublime Ferrari 365 GTB/4 Daytona. Chaque année pour les 24h du Mans (ou tous les deux ans pour Le Mans Classic), je me dis qu’il faut que je me trouve une trottinette ou un vélo pliable car sachez qu’on marche énormément pendant ce genre d’événement alors n’ayez pas peur d’effectuer facilement 20 à 25kms dans une même journée. On aimerait que ce week-end dure une semaine voire plus car impossible de tout faire pendant ces 3 jours. Pour ma part, je vais commencer par faire le tour des clubs pour ensuite profiter de l’ambiance des paddocks et des différentes courses le restant du week-end.

On passe d’un club de VW Combi…

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… à celui de Caterham…

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… en passant par des Porsche 356. On voit des véhicules à perte de vue et nous ne sommes que le vendredi. La plupart des personnes arrivent en fin de journée ou le samedi matin en général.

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Et très vite, on est mis dans le bain car, au niveau du Garage Vert (virage en face du MMA Arena), on tombe nez à nez avec les paddocks du Groupe C.

C’est un endroit particulier car c’est pour moi l’un des plus beaux plateaux de ce Mans Classic. On y trouve des Porsche 962 de 1987, Jaguar XJR-9 de 1987 ou encore une Spice SE90C de 1990 en pièces ! L’ambiance qui y règne est magique car chacun peut approcher les voitures qui nous ont tant fait rêver à l’époque. On peut observer les mécaniciens s’affairer autour de ces machines de courses, à faire les niveaux, peaufiner les réglages, etc. Et ce qu’il manque aux 24h du Mans et qu’on retrouve ici, c’est l’odeur de l’essence ! De voir ces engins, de pouvoir m’en approcher d’aussi près et sentir cette odeur, ça me donne la chair de poule. J’ai hâte de les voir rouler durant le week-end !

Je poursuis ma promenade sur le Bugatti en passant faire un coucou à quelques amis/connaissances du Supercars Club Private. Cette année, ils ont fait encore plus fort avec plus d’une soixantaine de supercars réunies pour le week-end. Cela va de la Porsche 911 R à la McLaren 675 LT en passant par les dernières Lamborghini Huracan Performante et Aventador S. C’est vrai, ce ne sont pas des anciennes mais ça mérite quand même le coup d’œil !

Le Mans Classic, c’est aussi ça ! Un groupe de musiciens itinérants à bord d’une sublime Cadillac Deville cabriolet sur un air de jazz. Plus loin, avant de tomber sur le stand Aston Martin, j’aperçois une lignée d’Aston Martin Vantage, DB7, DB9, etc.

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Et puis pour ceux qui ne peuvent s’empêcher de regarder le match des Bleus et autres équipes, Peter Auto a pensé à tout en installant des écrans géants. Idéal pour regarder son match tout en gardant un œil sur son Aston Martin.

Ne me demandez pas pourquoi mais durant le week-end, une copie de mes photos a disparu. Je me retrouve donc sans clichés pour vous présenter les clubs BMW et Porsche. Pourtant il y avait de quoi faire. Un nombre incalculable de Porsche avait fait le déplacement pour les 70 ans de la marque et je pense qu’aucun modèle ne manquait à l’appel. De même chez BMW, où j’ai pu découvrir des anciennes Alpina fabriquées à très très peu d’exemplaires et dans un état irréprochable. La branche M Sport était également très bien représentée et vous n’aviez que l’embarras du choix entre les M3 E30, E36, E46 et E92 ! Sans oublier, les modèles emblématiques comme la 2002 tii, la 650i  ou la Z1.

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La seule photo rescapée est cette Abarth 500 dans un état collection !

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La chaleur se dégageant de la piste, la fatigue se fait déjà ressentir et le manque d’hydratation aussi alors direction le Media Center pour remédier à tout ça. Mais en arrivant à hauteur des paddocks, je découvre un petit coin de paradis. BMW, McLaren et Porsche nous en mettent plein les yeux à commencer par cette M4 GT4 ! On a aussi le droit à une belle brochette de M3, M4 et M5 pour les baptêmes clients qui ont le droit à un tour du circuit.

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Chez McLaren, le baptême se fera en 570S ou 720S, au choix !

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En plus des voitures du Porsche Expérience Center, Porsche nous gâte avec une GT3 RS Lizard Green et l’ultime GT2 RS. Et quelque chose me dit que l’on verra un reportage dans Direct Auto d’ici quelques temps avec Gregory Galiffi.

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Un peu plus loin dans les paddocks, McLaren expose sa dernière pépite : la Senna ! On aime ou on n’aime pas. Plus je la vois, plus je commence à m’y faire.

Je profite de cette fin de journée pour aller visiter les paddocks et les différents plateaux. Peter Auto essayent d’offrir aux concurrents et aux spectateurs des plateaux homogènes. Les 500 véhicules sont donc répartis suivants 6 plateaux qui correspondent à une période. Ce sont uniquement des modèles qui ont participé aux 24h du Mans entre les années 1923 et 1981. Pour chaque plateau, le règlement prévoit d’avoir 10 voitures de réserve qui participent aux essais de jour et de nuit afin de combler tout abandon de la part d’un des concurrents.

Le premier plateau voit donc s’illustrer les modèles d’avant-guerre des années 1923 à 1939. Je reste donc ébahi devant cette sublime Bugatti Type 51 de 1932. L’ambiance est là avec les fuites de liquide, les odeurs et la combinaison qui sèche avant qu’elle ne soit enfilée par son propriétaire pour aller en piste.

Dans la pénombre, cette BMW 328 Roadster de 1939 attend d’aller se dégourdir les roues sur la piste. Ce plateau 1 permet ainsi de constater sans trop de difficultés les différences entre véhicules en termes de gabarit, de carrosserie et aussi de pneumatiques.

Le box suivant voit un mécanicien s’affairer autour d’une imposante Bentley 4,5L Blower de 1929. Ce sera sans doute l’un des plateaux les plus lents, mais il me tarde de voir en action ces mamies !

Le plateau 2 se compose de véhicules d’après-guerre (1949 à 1956) à l’aérodynamique travaillé et aux moteurs plus performants. A l’époque, les batailles se sont donc retrouvées plus disputées. On y retrouve un modèle emblématique de la marque à l’étoile : la Mercedes 300 SL de 1955 avec ses célèbres portes papillons.

Jaguar est également une marque qui aura marqué les 24h du Mans avec cette sublime Type D de 1955.

Dans les véhicules qui m’ont surpris, j’opte pour cette Cadillac Series 61 de 1950 qui m’impressionne par son gabarit par rapport à cette DKW Monza datant de 1956 avec ses faux airs d’Audi.

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Le plateau 3 se compose de voitures de course des années 1957 à 1961 à l’image de cette Chevrolet Corvette C1 de 1958.

Ferrari y est également représenté avec ces deux 250 GT Berlinetta. Mais saurez-vous me dire celle qui date de 1960 et celle de 1962 ?

Je l’ai toujours vu en photo mais jamais en vrai. Je fais enfin la rencontre avec la Ferrari 250 GT Breadvan de 1961. C’est le premier shooting break de la marque et pas n’importe lequel puisqu’elle est alimentée par le V12 3L. Mais rassurez-vous, il n’y a pas que des Ferrari puisqu’on y trouve aussi cette petite Porsche 356 A GT Speedster 1959 et son coloris bi-ton rouge et blanc.

Le plateau 4 m’évoque un peu plus de souvenirs des 24h du Mans avec les légendaires Ford GT40 comme cette version MK1 de 1965. Il faut savoir que ce plateau voit engager des voitures des années 1962 à 1965 et la montée en puissance des américains. Hormis les GT40 et les Corvette, on retrouve également des Shelby Cobra 289 comme celle-ci de 1964 avec son hard-top.

Mais la concurrence européenne ne se laisse pas démonter avec deux Ferrari 275 GTB et cette magnifique 250 LM de 1964 !

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Cette fois-ci, c’est de ma faute. Pour le plateau 5, à part les photos sur la piste, j’ai totalement oublié d’aller faire des photos des paddocks. Mais sachez qu’il regroupe les voitures des années 1966 à 1971 comme les légendaires Porsche 917 et Ferrari 512. On se croirait dans le film « Le Mans » avec Steeve McQueen. La Howmet TX à turbine est la plus surprenante de ce plateau. A noter également la présence des deux Alpine A210, victorieuses dans leur catégorie de 1966 à 1969 !

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Le sixième et dernier plateau est sans doute celui que j’affectionne le plus. Il regroupe des véhicules des années 1972 à 1981. Je n’étais pas encore né à cette époque mais certaines de ces voitures comme cette BMW M1 Procar de 1979 ont toujours suscité mon entouthiasme.

Je ne sais pas vous mais j’ai vraiment du mal à faire mon choix entre la M1 Procar et cette monstrueuse 3.0 CSL de 1975. BMW savait faire des voitures de course qui dépotaîent à l’époque.

Je reconnais avoir un faible pour cette Ford Capri 2600 RS de 1972 qui s’illustrera par une excellente 11ème place au classement général sur 81 concurrents dans sa catégorie.

Autre américaine présente dans ce plateau, une Ford Gran Torino de 1975 qui en impose avec un son rauque.

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En tout cas, les préparatifs dans les paddocks attirent énormément de monde et devient, en parlant poliment, un sacré bordel !

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Un peu plus tard dans la soirée, je me suis rendu dans les derniers paddocks qui se trouvaient au niveau du virage Ford en face du Porsche Expérience Center. Grande nouveauté 2018, Le Mans Classic accueille un plateau Global Endurance Legends qui roulera à deux reprises. Attention à ne pas les louper en piste où ils ne roulent qu’une petite heure lors de deux sessions. Sinon vous vous retrouverez comme moi à ne les admirer qu’en statique. Ce plateau regroupe des GT et des prototypes ayant couru la célèbre épreuve d’endurance dans les années 1990 et 2000 comme cette Bentley Speed 8 de 2003.

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Autre voiture de course avec laquelle je roulais sur Gran Turismo, la Panoz Esperante GTR1 de 1998. Ce coupé au design atypique embarquait un V8 de 640 ch pour seulement 950 kg !

Autre bijou débâché, la Ferrari F40 LM de 1990 qui fait tant rêver les grands comme les petits.

Mon coup de cœur de ce plateau est sans aucun doute la McLaren F1 GTR de 1996 d’Andrew Bruce. Ce châssis #13R aux couleurs Lark a roulé entre autre en Japan GT Championship avec à son volant un certain Ralf Schumacher et Naoki Hattori.

Les paddocks sont vraiment l’occasion, pour chaque spectateur, de découvrir encore un peu plus ces légendes. On peut ainsi observer les mécaniciens en pleine opération à cœur ouvert d’Austin Healey, échanger avec les pilotes, prendre le temps de faire des photos détails de chaque voiture. Seul petit bémol, les accès y sont limités, à moins de payer un supplément d’une vingtaine d’euros me semble-t-il.

Pour découvrir la suite de cet extraordinaire week-end de passion automobile, dépêchez-vous d’aller lire le deuxième article !