40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - @Benoist Girard

40 ans de turbo chez Renault [Part.1]

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Renault célèbre cette année son 40ème anniversaire de sa première victoire en Formule 1. La première d’un moteur équipé d’un turbo qui servira sur les modèles de série par la suite. A cette occasion, la marque m’a convié sur le circuit de la Ferté-Gaucher afin de tester une partie de ces mythiques Renault Turbo  mais aussi d’en être passager pour des baptêmes dont je me souviendrais longtemps!

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Google Images
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Google Images

Pour beaucoup de constructeurs, le sport automobile est une sorte de vitrine de leur savoir-faire technologique. Cela leur permet de développer de nouvelles technologies afin de les utiliser ensuite sur leurs véhicules de série. Chez Renault, le monde de la Formule 1 lui a servi, en quelque sorte, de tremplin avec l’apparition du turbo. C’est ainsi qu’en 1977, la Renault RS01 se voit équiper du célèbre moteur V6 turbocompressé. Et le 1er Juillet 1979, Jean-Pierre Jabouille remporte le Grand Prix de France sur le circuit de Dijon-Prenois au volant de cette dernière. C’est la première victoire de Renault en championnat du Monde de Formule 1 et pas la dernière puisqu’aujourd’hui elle en totalise 177 et 507 podiums dans la catégorie reine.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Le sport automobile ne comprend pas que la Formule 1. Dans les années qui suivent, Renault s’engage également en Rallye-Raid et remporte des victoires comme le Paris-Dakar en 1982 avec les frères Marreau au volant de la Renault 20. Enfin, le championnat du monde des Rallyes couronnera souvent la Renault 5 Turbo qui a été conçue spécialement pour ce type d’épreuve.

Maintenant que vous avez bien cerné l’importance du turbo chez Renault, on va passer aux choses sérieuses ! De ses succès, la marque a produit beaucoup de véhicules et les a décliné en des versions Turbo. Cela a par exemple donné la mythique R5 Turbo, R21 Turbo ou encore la Safrane bi-Turbo. C’est pour cette raison que Renault m’a convié le temps d’une journée sur le circuit de la Ferté-Gaucher afin que je puisse essayer ces véhicules emblématiques qui ont forgé la réputation de la marque mais il n’y a pas que ça. Allez, c’est parti !

Après un rapide briefing sur l’organisation de la journée, ma première activité consiste à essayer des Renault dont je rêvais de prendre le volant. Aujourd’hui, ce rêve devient réalité. Je commence par la Renault Fuego Turbo. Sur le plan esthétique, elle se démarque clairement du reste de la gamme. Présentée lors du Salon de Genève 1980, la Fuego a pour but de remplacer les Renault 15 et 17 en utilisant de nombreuses pièces mécaniques de la R18. Petite anecdote, c’est la première voiture au monde à bénéficier de la fermeture centralisée par télécommande!

Cette version Turbo est lancée en septembre 1983 et embarque un 4 cylindres en ligne turbocompressé développant 132 ch. Elle ne pèse que 1050 kg et peut atteindre 200 km/h. Hormis sa motorisation, cette déclinaison de la Fuego se démarque par des jantes alliage BBS et des stickers latéraux.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Sans plus attendre, je m’installe à bord. Les sièges hauts en tissu sont d’un confort absolu et offre un maintien correct. La planche de bord est simple et la console centrale est dotée d’une impressionnante chaîne hifi. Dès les premiers tours de roues, je constate que j’ai littéralement le volant sur les cuisses. Je comprends un peu mieux la raison pour laquelle cette Fuego n’a pas connu de succès commercial. En plus d’être sorti aux heures de gloires de la Peugeot 205 GTI, elle a plus la philosophie d’être un coupé grand confort avec un hayon s’inspirant des modèles Porsche de l’époque. Il y a tout de même eu 265 000 exemplaires produits toutes versions confondues pour cette “Porsche 924 française”.

Mon essai suivant est la Renault 11 Turbo. Apparue après la Fuego, elle répond davantage à l’engouement de l’époque pour les GTI. Elle dispose également d’éléments plus sportifs comme le volant sport à quatre branches, le levier de vitesse gainé de cuir ou encore la planche de bord et ses manomètres. Mais la marque élargit son offre en proposant des équipements de confort comme les laves phares, du velour ou de la moquette épaisse pour l’habitacle.

Le plus important se trouve sous le capot puisqu’elle embarque un moteur Cléon fonte doté d’un turbo Garrett T2 (un dérivé des Renault 5 Alpine Turbo). Le 4 cylindres turbo développe ainsi 105 ch. L’ensemble est léger puisqu’il ne pèse que 905 kg et annonce une vitesse de pointe de 190 km/h.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Comparé à la Fuego, la différence de poids se ressent de suite. Elle est nettement plus compacte et j’ai l’impression que c’est le jour et la nuit après sa devancière. La position de conduite est plus agréable et la boîte de vitesses a un guidage précis. Cette R11 turbo est pour moi la révélation de ces essais grâce à son efficacité!

Viens ensuite le tour de la Renault la plus convoitée à mon goût. Oui, il s’agit bien de la Renault 5 Turbo! Aujourd’hui, nous avons à l’essai la Turbo 2 mais quel bonheur. C’est la première voiture française de série à être équipée d’un moteur turbo. Pour s’attaquer au monde du Rallye, Renault devait en produire et en homologuer 400. Ce sera finalement 4587 exemplaires qui sortiront de l’usine de Dieppe. Cette Renault 5 “bodybuildée” embarque un moteur central arrière qui explique les ailes larges et les entrées d’air.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Avec ses portes, son toit et son hayon en aluminium mais aussi son capot et ses ailes en polyester, elle ne pèse que 950 kg sur la balance. Je vous laisse imaginer les sensations avec un moteur développant jusqu’à 420 ch pour les versions de compétition. Mais aujourd’hui je me contenterai de dompter les 160 ch de la Turbo 2 et son 0 à 100 km/h annoncé pour 6,9 secondes. On est ici, avant tout, pour découvrir d’anciens véhicules. Pas question pour moi de piloter cette R5 Turbo 2 mais plutôt de prendre du plaisir et me rendre compte de ce qu’elle pouvait procurer comme sensation à l’époque. Les accélérations deviennent brutales dès que le turbo s’active et émet ce son reconnaissable. La direction est suffisamment précise mais demande une certaine concentration et des biceps. La prise en main n’est pas longue mais quel bonheur! Renault Classic m’aura permis de réaliser un rêve de gosse à près de 100k€ mais la journée ne fait que commencer…

Je passe ensuite sur la Renault 5 Alpine Turbo, la petite sœur de la R5 Turbo. En 1976, Renault vient coiffer la gamme de la “R5” d’une version Alpine développant 92 ch. Mais une certaine Volkswagen Golf GTI de 110 ch lui volera la vedette. En 1981, la marque au losange contre-attaque en lui greffant un turbocompresseur placé après le carburateur. La R5 Alpine Turbo est née! A part le volant à trois branches et l’instrumentation rouge, l’habitacle offre un certain confort à cette R5 avec une sellerie en velours. Malheureusement, ça ne va pas plus loin car j’ai trouvé la position de conduite très haute qui me donne l’impression de conduire un semi-remorque.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Sur circuit, la conduit demande autant de concentration qu’une R5 Turbo. Les 110 ch permet d’abattre un 1000 m en 31 secondes et atteindre 186 km/h. Difficile, cependant, de faire passer toute la puissance au sol à cause de roues étroites, des jantes de 13 pouces et de sa direction non assistée. J’ai toujours voulu essayer cette R5 Alpine Turbo depuis un baptême réalisé étant petit. Mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce type de conduite avec un pédalier trop étroit ainsi qu’un levier de vitesses pas forcément bien placé et qui en deviendrait gênant en seconde. Heureusement, elle ne manque pas de tempérament!

Mon dernier essai se porte sur la Renault Safrane Biturbo. Cette puissante berline est le vaisseau amiral de la marque et joue dans la même cour que l’élite germanique. Pour le développement, elle s’est entourée de deux spécialistes allemands. Le premier, Irmscher, s’est occupé des modifications de la carrosserie et de l’assemblage tandis que le second, Hartge (préparateur BMW), a développé le moteur en partant de celui de l’Alpine A610. Ainsi, le V6 3.0 litres s’est fait greffé de deux turbocompresseurs KKK portant la puissance à 268 ch.

Elle est dotée d’une transmission intégrale associée à une suspension pneumatique pilotée électroniquement. C’est tout simplement ce qui pouvait se faire de mieux à cette époque. Mais Renault n’a pas travaillé que la puissance avec son associé allemand mais également l’esthétique puisque l’intérieur arbore du cuir, du bois, un téléphone, des sièges électriques chauffants à mémoire, une chaîne hi-fi et 6 airbags. Enfin, pour la distinguer d’une Safrane classique, elle modifie son spoiler avant, lui ajoute des jantes de 17 pouces à cinq doubles branches, un échappement oblong et un aileron arrière.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Produite pour remplacer la R25 Turbo, elle a été présentée au Salon de Genève en 1992 et commercialisée en 1993 à seulement 806 exemplaires. Alors autant vous dire que le modèle dont je vais prendre le volant est un véritable bijou. Elle est dans un état exceptionnel et mérite toute mon admiration. Je n’ai pourtant pas atteint ses 250 km/h de vitesse maximale mais c’est pour moi l’une des plus belles surprises de ces essais. Les 1770 kg ne se sentent même pas. Le travail sur le châssis et l’ajout de la suspension pilotée impressionnent par leur efficacité. Les relances sont vives. Un instant, je me mets dans la peau d’un directeur qui pouvait s’offrir ce type de véhicule, sur la file de gauche sur l’autoroute, sans forcer sur la mécanique et dans le plus grand calme. Car oui, cette Safrane Biturbo régale par son calme mais aussi par son confort. En bref, Renault a su allier tous les ingrédients qui ont fait le succès de ses modèles Turbo au confort et à la modernité.

40 ans de turbo chez Renault - 4roueset1volant - © Benoist Girard
40 ans de turbo chez Renault – 4roueset1volant – © Benoist Girard

Mes essais se concluent avec cette Safrane Biturbo mais un autre groupe a également eu la chance de prendre le volant de la R25 V6 Turbo Baccara, R18 Turbo, R9 Turbo, Super 5 GT Turbo ou encore R21 Turbo. Tous ces modèles ont fait le passé glorieux de Renault que l’on connaît. Je suis avant tout heureux d’avoir pu en essayer la plupart et éprouve aussi une certaine tristesse quand je me dis que cette époque est belle et bien résolue. Désormais, nos voitures sont bourrées d’électronique et d’assistance qui nous brident de certaines sensations. Je comprends aussi mieux l’engouement qu’il y avait autour de pilotes tels que Jean Ragnotti ou encore René Arnoux lorsqu’ils pilotaient ces sportives Renault. J’ai donc eu la chance de les voir rouler et d’embarquer dans d’autres modèles emblématiques que vous trouverez dans l’article suivant et je peux vous dire qu’ils n’ont pas perdu la main!

To be continued…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *