Porsche Taycan Turbo S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Aujourd’hui, j’essaye le premier véhicule 100% électrique de Porsche et ce n’est pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du Taycan Turbo S!

En Septembre 2015 à Franfort, Porsche dévoile sa vision du véhicule électrique en présentant une berline appelée “Mission E”. Trois mois plus tard, le constructeur annonce la production en série de son coupé quatre portes pour la fin de la décennie. Cinq ans plus tard, je suis heureux de prendre le volant du Taycan et de vous la présenter au travers de cet article. D’ailleurs, Taycan veut dire “jeune cheval fougueux”. Allez savoir pourquoi…

Le moins que l’on puisse dire c’est que la marque est restée plutôt fidèle à son concept-car. Oubliez tout de même l’absence de rétroviseurs, il faut dire que ça peut toujours servir. Les portes antagonistes ainsi que le coffre à malle disparaissent également.

En revanche, elle conserve cette calandre plongeante vers une signature lumineuse encadrée de canine. La nuit, elle éclaire comme en plein jour grâce aux phares matriciels à LED avec PDLS + (Porsche Dynamics Light System Plus). Petit clin d’œil aux 911 avec le bosselage des ailes !

Toujours plus proche du concept, on retrouve les jantes “Mission E Design” de 21 pouces. Ils cachent d’ailleurs d’énormes disques céramiques mis en valeur par des étriers de couleur jaune. Elle dispose également d’éléments en carbone comme la lame à l’avant, les jupes latérales, les seuils de portes ou encore le diffuseur arrière.

La partie arrière est peut-être ce que j’aime le moins sur ce Taycan. Certes, il est futuriste mais je trouve qu’il manque un petit truc… Des sorties d’échappements par exemple ! Sinon, elle intègre la signature “Porsche” dans le bandeau lumineux arrière qui est de toute beauté.

L’ensemble est très réussi. On ne se lasse pas de la regarder. Ce qui m’impressionne le plus, c’est la face avant trapue et prête à dévorer la route. D’ailleurs, beaucoup de personnes sont intriguées par cet OVNI qui semble tout droit venu de l’espace tellement il est rare d’en croiser sur mes routes de campagne.

L’habitacle est une véritable réussite. Sa configuration n’est pas sans rappeler celle du Porsche Cayenne S Coupé récemment essayé ici. Définitivement, j’adore cette combinaison du cuir rouge et noir !

Porsche n’a pas simplement repris les éléments de ces autres modèles. On constate la création d’une ambiance plus moderne, apaisante et adaptée à la conduite d’un véhicule électrique, le premier 100% électrique. Les commandes en sont le parfait exemple puisqu’il n’y en a plus une seule pour les feux de détresse. Le reste se trouve sur écran tactile.

La position de conduite est sportive et je retrouve avec plaisir le volant de la Porsche 911. Avis aux frileux : pour le volant chauffant, le bouton se situe entre les deux branches verticales sur la partie basse. Quant à la molette, elle permet de changer les modes de conduite : Range pour recharger la batterie en roulant, Normal, Sport, Sport Plus pour vous arracher les tripes et Individual pour configurer le Taycan qui vous ressemble.

Pour les écrans, le conducteur dispose du sien mesurant 16,8 pouces. Il conserve l’esprit Porsche avec 3 compteurs encadrés d’informations. Quatre commandes tactiles “raccourcis” sont intégrées à cet écran ce qui nous permet d’activer le Lift (levage de l’avant de la voiture pour passer un dos d’âne par exemple), durcir la suspension ou encore déconnecter l’ESP. Pratique ! Les deux autres écrans servent à commander l’info-divertissement et on peut même rajouter en option un petit dernier face au passager façon Ferrari.

A l’arrière, on trouve deux vraies places avec la possibilité d’en rajouter une troisième en option. Pour le coffre, ou devrais-je plutôt dire les coffres, celui à l’arrière est limité à cause du profil plongeant de la voiture mais permet tout de même d’afficher 366 litres. Tandis qu’à l’avant, il vous servira principalement à ranger les câbles avec sa capacité de 81 litres.

Quand arrive la partie sur le moteur, j’ai pour habitude de vous montrer ce qu’il y a sous le capot. Ici, ça va être un peu plus compliqué. En bref, la Taycan ne possède pas un, mais deux moteurs électriques. Ils animent chacun un essieu autorisant ainsi aucune limite quant à la répartition du couple entre l’avant et l’arrière. La puissance cumulée est de 460 kW soit 625 ch. Mais ce n’est pas tout, puisqu’au démarrage en mode “Launch Control”, c’est jusqu’à 761 ch soit 560 kW qui sont disponibles. Le couple maximal affiche lui 1050 Nm ! Rendez-vous compte, 1050 Nm !

Puissance

761

ach

Couple

1050

Nm

0 à 100 km/h

2,8

secondes

Avec des chiffres aussi impressionnants, vous vous doutez bien qu’elle avale le 0 à 100 km/h aussi rapidement qu’un battement de cil. Tenez-vous bien puisqu’il ne lui fait que 2,8 petites secondes pour le réaliser avec “Launch Control”. Je vous laisse compter dans votre tête et essayer d’imaginer la violence du truc pour ce missile sol/sol qui pèse 2,3 T sur la balance. Sa vitesse maximale est quant à elle limitée à 260 km/h, électrique oblige. Elle dispose d’ailleurs d’une boîte à deux rapports permettant d’avoir de la puissance sans interruption et de façon inépuisable.

Forcément, avec toutes ces performances, vous vous dites que son autonomie est ridicule. Et bien, détrompez-vous ! Elle est annoncée pour 411 km grâce à sa batterie qui a une capacité de 93,4 kWh. Avec une puissance de charge maximale de 270 kW, Porsche annonce un 5 à 80% en 22,5 minutes. Tandis que sur une prise de courant alternatif de 11 kW, il faudra attendre 9h pour la recharger à 100%.

Porsche Taycan Turbo S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Quitter Paris n’aura jamais été aussi agréable à bord de ce Porsche Taycan Turbo S. La prise en main est déconcertante. Elle se conduit comme n’importe quelle autre Porsche et rapidement, on retrouve ces repères et l’ADN de la marque.

En revanche, lorsque la route se dégage, mieux vaut y être préparé. Ma première accélération m’aura, excusez-moi l’expression, laissé sur le cul. Même avec la tête collée contre l’appuie-tête et les bras fermes, mon premier 0 à 100 km/h m’a retourné le cerveau mais aussi le ventre. Oubliez les montagnes russes ou tout autre sensation de vitesses, celle-ci est indescriptible. Peut-être qu’un pilote de chasse ou un astronaute sauraient de quoi je parle. Et je n’exagère vraiment pas !

Alors forcément, il ne faut pas en abuser avec les personnes âgées ou avec des problèmes cardiaques. Et puis, on est vite limité par la batterie. Christophe Tinseau m’a annoncé la possibilité de réaliser 32 Launch Control avant que cette dernière ne soit totalement épuisée.

Au-delà des accélérations, les reprises sont toutes aussi impressionnantes. La facilité du couple à vous catapulter vers l’avant est déconcertante. Hormis les bruits d’air, Porsche a intégré un sifflement artificiel qui peut-être désactivé pour les personnes en manque de sonorité. Bon, il est vrai que ça ressemble plus au son d’une soucoupe volante plutôt qu’à leur Flat-6.

Porsche Taycan Turbo S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Le Taycan reçoit tout ce qui se fait de mieux chez Porsche. Elle embarque ainsi les roues arrière directrices, la suspension pilotée à ressort pneumatique ou encore le châssis PDCC (Porsche Dynamic Chassis Control). J’ai été prudent lors des premiers virages mais la confiance s’est très vite installée. Le Taycan semble épouser la route !

Après mon récent essai de la Porsche 991 Carrera GTS, j’ai trouvé le train avant presque plus incisif. Le train arrière enroule grâce aux roues directrices. Il faut dire que le grip des pneus Pirelli P Zero ELE est monstrueux. Et pourtant, il en prend pour son grade avec la puissance à passer au sol. Ce n’est pas compliqué, entre deux virages, on a l’impression de se téléporter. Rassurez-vous, les énormes disques en céramiques renforcés de fibres de carbone associés à des étriers à dix pistons vous catapulteront cette fois-ci vers l’avant.

Le confort de ce Tayacan est indiscutable grâce à sa suspension pilotée et la possibilité de changer de mode de conduite suivant la situation. En revanche, vous saurez moins à l’aise avec son autonomie. Annoncée pour 411 km (WLTP), j’ai réussi à me faire une petite frayeur sur le chemin du retour. Il me restait quasiment autant de kilomètres d’autonomie que de kilomètres à parcourir. Résultat, il a fallu que je prenne mon temps, surveille ma conduite pour consommer le moins d’énergie possible et passer en mode de régénération. Le Taycan freinait ainsi tout seul au lâcher de pédale pour régénérer la batterie. Cela a plutôt été efficace puisque je suis arrivé au parc presse avec 2% de batterie et 10 km d’autonomie. C’était moins une !

Porsche Taycan Turbo S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Porsche a réussi à rendre sa Taycan tellement performante qu’elle n’a rien à envier à une 911. Reste à palier l’absence de sonorité du célèbre Flat-6. Quant à l’autonomie, ce n’est pas nouveau que le réseau de recharge pose problème mais cela ne peut que s’améliorer. Et puis achèteriez-vous vraiment ce Taycan Turbo S pour son autonomie ? Bien sûr que non… c’est pour ses performances, son design et pour le logo qui trône sur le capot.

Au-delà de ses accélérations digne d’un dragster, le Porsche Taycan remplit parfaitement son rôle de berline avec une habitabilité remarquable et une sacrée gueule. Et si je devais choisir entre la Tesla Model S et celle-ci, j’opterai sans aucun doute pour la marque allemande. Valeur sûre ! Reste plus qu’à trouver un peu plus de 203 000 € pour m’offrir ce bijou de technologies…

Un immense merci à Porsche et plus particulièrement Michaël de m’avoir permis d’essayer cette catapulte électrique !