Mercedes-Benz EQC - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Essai Mercedes-Benz EQC 400

Mercedes-Benz EQC - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
Mercedes-Benz EQC – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Mercedes-Benz entre dans la course aux véhicules électriques en lançant son premier SUV 100% électrique. Sur base de GLC, voici l’EQC et ses 408 ch!

Ce SUV est le premier véhicule 100% électrique d’un vaste programme d’électrification de la gamme Mercedes. Quand je parle d’électrification, cela inclut les systèmes suivants: EQ Boost qui embarque une batterie de 48 Volts, EQ Power qui englobe les hybrides rechargeables et EQ qui désigne les modèles 100% électriques.

Après avoir pris en main le Tesla Model X et essayé plus longuement l’Audi e-tron, je vais pouvoir vous donner mon avis sur ce nouveau EQC 400. Tout d’abord, il s’agit de l’édition “1886” qui fait référence à son année de naissance mais également aux nombres de véhicules produits pour cette série limitée.

En terme de design, il partage la même architecture que le GLC dans sa version thermique. Forcément, toute la partie basse a été revue pour accueillir la batterie pesant 650 kg! En revanche, peu d’éléments de carrosserie sont communs avec le GLC. Il s’allonge même de 10 cm et donne l’impression d’un break de chasse surélevé. Contrairement à ces concurrents (les Tesla Model X, Jaguar i-Pace et Audi e-tron), je le trouve plus familier et plus proche d’un véhicule thermique d’un point de vue carrosserie.

Monté sur des jantes de 20 pouces en série, l’EQC en impose avec son gabarit. Pour cause, il mesure 4,77 m de long, 2,1 m de large et 1,62 m de haut. Autant vous dire que les petites rues parisiennes vous paraîtront étroites. A l’observer, sa grande calandre noire à l’avant me fait penser à un panda. Ses optiques semblent tout droit sorties du futur. Le marche-pied, que je n’avais pas retrouvé sur un véhicule depuis des années, devient une gêne lorsqu’il faut monter ou descendre de ce SUV. A l’arrière, j’avoue aimer cette bande de feu qui n’est pas sans rappeler celle de la nouvelle Porsche 911 type 992.

A bord, nul doute que Mercedes conserve son statut de constructeur premium. La finition est soignée, la qualité des matériaux est remarquable et la technologie est omniprésente. D’ailleurs, cette dernière peut s’avérer complexe à première vue mais le système multimédia MBUX se commande facilement grâce aux touches de raccourci et à l’assistant vocal “Hey Mercedes”.

Je ne suis pas un grand fan de ces sièges confortables qui arbore une couleur bleue un peu particulière. Pourtant, ils sont massants et chauffants. En revanche, la touche de couleur sur les aérateurs est plutôt sympa tout comme le diffuseur de parfum qui s’en échappe. Le reste est ce qui se fait de mieux chez Mercedes. L’espace à bord est généreux et ne semble pas être impacté par les batteries dissimulées sous le plancher. Le coffre est généreux avec 505 litres mais est bien en dessous des 600 litres dont dispose l’Audi e-tron. De plus, les câbles de recharges sont rangés sous ce dernier ce qui ne facilite pas leur chargement surtout s’ils sont sales. Un petit coffre à l’avant aurait été un plus!

Mercedes-Benz EQC - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
Mercedes-Benz EQC – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Le monogramme “EQC 400”, qui se trouve sur le coffre, fait référence à la puissance combinée des deux moteurs. Chacun placé sur un essieu, ils développent 408 ch au total pour un couple maximal de 760 Nm. De ce fait, le 0 à 100 km/h est expédié en seulement 5,1 secondes pour un SUV pesant plus de 2,4 tonnes sur la balance!

Puissance

408

ch

0 à 100 km/h

5.1

secondes

Poids

2425

kg

Avec 650 kg de batterie, je trouve cette performance plutôt remarquable surtout quand on connait toute la technologie et le confort embarqués. A l’accélération, le poids ne se fait quasiment pas ressentir. Elle pourrait même faire tourner les têtes, n’est-ce pas Maman? L’ESP s’affole un peu mais cet EQC est une vraie catapulte. Les relances sont vives et ne souffrent d’aucune gêne. Son but, vous propulsez vers l’avant. Il n’y a qu’au freinage où son surpoids se fait sentir…

Mercedes-Benz EQC - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
Mercedes-Benz EQC – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Vous l’aurez compris, ce Mercedes EQC a de quoi offrir des sensations à son volant. Mais il sait aussi vous emmener tout en douceur et … en silence évidemment! Le double vitrage est tellement épais qu’on a l’impression de rouler avec des boules Quies dans les oreilles. Le confort reste une de ses qualités sur route malgré une suspension un peu trop souple pour moi. Cela donne cette sensation de se déplacer sur un tapis volant.

La multitude d’aides à la conduite permet d’opter pour une conduite zen et sans pression. Comme tout véhicule électrique, ce SUV permet d’avoir une conduite plus souple, ce qui permet de passer un bon moment à son volant sans prise de tête. Enfin presque, parce qu’on va maintenant parler de son autonomie.

Je n’en suis plus à mon premier essai de véhicule électrique pourtant je garde toujours une certaine crainte quant à l’autonomie de ces derniers. Avec sa batterie Lithium-Ion de 80 kWh, Mercedes annonce une autonomie de 450 km en cycle NEDC. Dans la réalité et en essayant de garder le pied léger, on est plus proche des 300 km. Ce n’est pas nouveau, on ne conduit pas un véhicule électrique comme un modèle thermique. Les kilomètres sur autoroute lui sont fatals alors j’ai préféré emprunter un itinéraire moins direct mais bien plus agréable pour la batterie comme pour moi.

Pour récupérer de l’énergie, rien de plus simple que d’opter pour le mode de conduite “Max Range” et de savoir se servir des palettes au volant. On dispose de “quatre” vitesses allant de D+ à D–. Cela influe directement sur le frein moteur et attention au lever de pied car le ralentissement est assez puissant. Enfin je dis ça pour vous mais aussi pour le véhicule qui pourrait vous précéder. A force de rouler, je me suis surpris à ne quasiment plus utiliser la pédale de frein. Pour information, on retrouve le même système sur les Nissan Leaf et BMW i3.

Pour revenir à l’autonomie de cet EQC, je trouve que Mercedes a joué la carte de la sécurité. L’autonomie est inférieure à ses concurrents tout comme la capacité de sa batterie. Mais la marque semble justifier ces écarts pour ne pas impacter votre portefeuille ainsi que le poids de ce SUV. Alors faisons-leur confiance puisque le GPS très intelligent de l’EQC répertorie 14 150 bornes de recharges en France avec des puissances différentes. On peut ainsi se déplacer assez facilement en espérant que la prochaine borne soit en état de marche tout en découvrant de nouvelles villes. Le GPS indique précisément le lieu, la charge restante à l’arrivée ainsi que le coût total de la charge.

Point positif de la recharge, Mercedes offre la carte de charge dans le réseau Ionity pendant un an. On peut ainsi s’y recharger jusqu’à 80% en seulement 40 min mais encore faudrait-il que le réseau se développe. Pour rappel, le réseau Ionity ne dispose que de 10 stations haute capacité sur le territoire français quand Tesla en a déjà ouvert 68! Il existe toujours la possibilité de se brancher via une prise domestique mais encore faut-il avoir une vingtaine d’heures devant soi et travailler chez EDF. Sinon, si vous avez 1600€ sous le coude, Mercedes se charge d’installer une Wallbox à domicile pour une recharge dite 3 fois plus rapide qu’une prise domestique.

Mercedes-Benz EQC - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
Mercedes-Benz EQC – 4roueset1volant – © Arnaud Demasier

Mercedes arrive dans le monde de l’électrique en nous rappelant que ça ne rime pas forcément avec problématique. Les SUV électriques premiums sont onéreux mais la marque allemande a su jouer son atout en ne développant pas une architecture spécifique pour son mastodonte. Disponible à partir de 78 950€, il se révèle bien moins cher que les Audi e-tron (82 600€) et Tesla Model X (90 300€). Plus proche en terme de prix qu’un Jaguar i-Pace (79 990€), le design sera le principal critère de décision. Sans oublier qu’il faut soustraire à cette somme le bonus écologique de 6000€.

Avec son système de récupération d’énergie efficace, cet EQC m’a bluffé. Les valeurs de luxe, sécurité et technologies sont parfaitement respectées avec ce SUV 100% électrique. Il reste cependant en contradiction avec ce que l’on peut attendre de ce type de motorisation, c’est-à-dire une autonomie suffisante pour pouvoir partir en vacances, se déplacer “facilement” en ville, etc. On est bien loin des V8 AMG mais Mercedes a su se faire une place sur le marché électrique et je ne serais pas étonné que l’on me dise que le carnet de commande est plein.

Je tiens à remercier Mercedes-Benz France et plus particulièrement Grégory ainsi qu’ Hugo pour la mise à disposition de cet EQC.

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