Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Essai Alpine A110S

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Un an après mon essai de la Première Edition, me voici de nouveau au volant d’une Alpine mais cette fois-ci dans une version plus puissante: l’A110 S.

A la naissance de la berlinette, moi je ne l’étais pas. Pourtant, j’ai la chance aujourd’hui de suivre l’évolution de la nouvelle génération. J’ai d’ailleurs eu le privilège lors de mon premier essai de l’Alpine A110 de réaliser une séance photo avec la vraie berlinette. Moment magique!

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier
Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Pour tout vous avouer, je l’avais découverte lors des 24h du Mans 2019 (ici). Il faut dire que cette nouvelle teinte mate “Gris Tonnerre” facturée 4800€ ne m’avait pas laissé indifférent. C’est donc avec grand plaisir que je la retrouve sur mon modèle d’essai. Cela permet d’ailleurs de la distinguer plus facilement des autres versions d’A110.

Ce coloris permet également de faire ressortir les nouveaux éléments à commencer par les monogrammes de couleur noire. Il contraste aussi avec les jantes noires qui laissent apparaître les étriers oranges. Le drapeau bleu-blanc-rouge sur les montants de custode est remplacé par une combinaison de fibre de carbone et de orange.

En option, on peut choisir le toit carbone pour 2400€ de plus. Il permet de gagner 1,9 kg sur la balance mais je trouve qu’il se marie mieux avec la teinte blanche. Elle est montée sur des pneus plus larges à l’arrière (245 mm) avec des jantes de 18″ et la nouvelle suspension abaisse la garde au sol de 4 mm. Le style est définitivement plus sportif et radical, j’adore!

A bord, cette Alpine A110S continue de se distinguer du reste de la gamme avec ces touches d’orange. On en retrouve sur les surpiqûres des sièges Sabelt, du volant, de la planche de bord ou encore de la console centrale. Le toit, les panneaux de portes, les pare-soleils mais aussi une partie du volant s’habillent de Dinamica noir. Ce n’est ni plus ni moins que de l’Alcantara que l’on retrouve également pour l’habillage des baquets.

Si vous n’étiez pas encore convaincu du côté sportif de l’A110S, le pédalier et les repose-pieds en aluminium léger devrait finir de vous convaincre. En vrai, il ne manque qu’un extérieur à cette bombinette. En revanche, je constate que cette version d’essai est équipée d’un rangement supplémentaire entre les sièges qui s’avère indispensable au vu du rangement quasi inexistant.

Si la sonorité de l’A110 (dont je vous parlerai plus bas) vient à vous fatiguer, rassurez-vous le système audio Focal (+600€) saura vous envoûter. Quant aux aides au stationnement, comme la caméra de recul et les détecteurs, elles deviendront votre arme secrète pour les manœuvres dont les angles mort viendront poser problème.

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Sous le capot, ou devrais-je plutôt dire sous la vitre arrière, se cache le bloc 4 cylindres 1,8 litre turbo. Qui dit version S, dit plus de puissance! Et c’est le cas puisque la puissance est passée de 252 ch à 292 ch soit une augmentation de 40 ch.

Puissance

292

ch

Poids

1114

kg

0 à 100 km/h

4,4

secondes

Le couple reste le même avec 320 Nm mais le turbo souffle plus fort (+0.4 bar). Avec un régime maximum passant de 6000 à 6400 tr/min, elle réalise désormais le 0 à 100 km/h en 4,4 secondes (-0,1s). Rien d’étonnant quand on sait qu’elle ne pèse que 1114 kg sur la balance. Mais ressent-on réellement la différence avec une Alpine A110 classique de 252 ch?

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

A vrai dire, il n’est pas facile d’y répondre. Pour se faire, il faudrait avoir les deux modèles sous la main, réaliser des exercices similaires en sautant d’une voiture à l’autre. Non, la vraie première différence qui se fait est la fermeté des suspensions. Je trouve la Première Edition déjà ferme, probablement dû aux sièges Sabelt qui sont pourtant confortables, mais alors là… Cette version S est un véritable bout de bois!

Ce n’est pas compliqué, on pourrait sentir le moins gravillon sur la route. J’exagère un peu mais c’est vraiment la sensation que cela donne. Je me souviens alors que Jean-Pascal disait lors de la présentation au Mans que la raideur des ressorts avait été augmentée de 50% en plus des amortisseurs affermis.

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Pour autant, cette fermeté n’est flagrante qu’à basse vitesse. Une fois lancé, la filtration semble s’améliorer. L’A110S étonne toujours par sa facilité à monter dans les tours. Cependant, j’ai trouvé qu’elle manquait un peu de souffle à bas régime. Et que ce soit en mode Sport ou Track, les rapports s’enchaînent à la vitesse de l’éclair!

Dès que les premiers virages arrivent, tout est fait pour vous mettre en confiance et vous donner l’impression d’être un pilote de course. Le grip est phénoménal! L’A110S se place là où on lui demande avec une direction incisive et précise. Toujours plus proche du sol, j’ai vraiment l’impression de piloter un karting. On ne fait qu’un avec cette voiture, c’est déconcertant.

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Et en même temps, elle sait vous rappeler à l’ordre lorsqu’il le faut. Cette version S est plus brutale et demande une attention constante du conducteur. Sur les portions de routes plus bosselées, elle deviendrait presque imprévisible au freinage quand l’arrière vient à s’agiter. Ce n’est plus l’Alpine tout sage que j’avais pu essayer l’année dernière. A part pour l’échappement qui gueule toujours autant!

A allure modérée, elle se révèle être une excellente routière si on fait abstraction de la fermeté de ses suspensions. Elle consomme moins de 10l/100 km et dispose du régulateur. Son écran central tactile semble être d’une autre époque mais suffit pour une utilisation quotidienne. Dommage qu’il ne soit pas très intuitif et ne dispose par des fonctionnalités Apple CarPlay ou Android Auto pour combler le manque d’espace et poser son téléphone.

Alpine A110S - 4roueset1volant - © Arnaud Demasier

Alors quand vient la question du choix, la réponse s’avère facile. Sans hésiter, je prends la Première Edition pour une ballade tranquille le dimanche, la Légende pour emmener confortablement Madame et l’A110S pour les sorties circuit. Effectivement, à part le gain de puissance, j’ai du mal à voir l’avantage de la version S si ce n’est pour les friands de circuit. Dans ce cas, elle sera un redoutable jouet face à ses cousines germaniques.

Cette Alpine A110 a de nouveau conquis mon coeur mais dans cette version S, c’est mon ostéopathe qui va se frotter les mains. A moins que ça ne soit mon banquier puisque ses tarifs débutent à 66 500€. Mais peu importe, je l’aime toujours autant cette nouvelle génération d’Alpine A110!

Un grand merci à Alpine et plus particulièrement à Jérôme de m’avoir permis d’essayer cette Alpine A110S le temps d’un week-end!

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